Assiste.com - Sécurité informatique - Vie privée sur le Web - Neutralité d'Internet

cr  01.04.2012      r+  01.06.2024      r-  01.06.2024      Pierre Pinard.         (Alertes et avis de sécurité au jour le jour)

Le 13 mars 1989, au CERN, Tim Berners-Lee a une idée, la soumet, et obtient le feu vert. Le Web est fonctionnel le 25.12.1990 au sein du CERN, et est rendu public le 06.08.1991 (Invention du Web). Toutes les technologies actuelles émergent dès le début. Des aigrefins tentent de breveter des inventions (Acacias et ses brevets scélérats) que d'autres, simples passionnés, inventent et publient. L'invention des plug-ins et des objets embarqués va donner lieu au plus long cauchemar du Web : l'affaire EOLAS v. Microsoft.

Un peu d'histoire des tout premiers navigateurs Web :

NavigateurDébutCommentaireSystèmeFin
Cello08.06.1993

Cello est le premier navigateur Web pour Microsoft Windows (Windows 3.1) à une époque où il n'y a que des navigateurs Web sous Unix. Cello fonctionne également sous Windows NT 3.5 et, avec de petites modifications, sous OS/2 (un système d'exploitation développé, initialement, conjointement par Microsoft et IBM et qui sera ensuite développé par IBM seul). Cello est un navigateur Web graphique développé par Thomas R. Bruce du Legal Information Institute à la faculté de droit Cornell (Cornell Law School), à la demande des avocats qui travaillaient sous Microsoft Windows et non pas sous Unix (à l'époque, tous les navigateurs Web précédents étaient sous Unix). L'absence d'un navigateur Web sous Windows empêchait de nombreux experts judiciaires d'accéder à de l'information juridique disponible en hypertexte sur le Web. Cello est publié en tant que shareware et a un certain succès en 1993 et début 1994, mais il est balayé par la déferlante de NCSA Mosaic pour Windows (puis Spyglass Mosaic) et Netscape navigator.

La première version de Cello, la 0.1 (une version bêta), est annoncée le 08.06.1993.

La dernière version de Cello, la 1.01a, est distribuée le 17.03.1994.

Une version en alpha test, la 2.0, est abandonnée le 16.04.1994.

Télécharger Cello.

Cello sur Wikipedia (anglais).

Windows
OS2
Abandonné (dernière version le 16.04.1994)




Un navigateur Web est composé de 3 modules :

  1. Un moteur de rendu

    Un moteur de rendu (qui n'est pas le navigateur). Il calcul graphiquement et affiche le contenu Web consulté. Tous les moteurs de rendu sont open source puisqu'ils ne doivent faire, avec une stricte exactitude, que et tout ce que le W3C normalise et ordonne (et strictement rien d'autre. Ils peuvent tenter de se différencier par l'exactitude du rendu et la vitesse d'exécution. Nous avons, chez assiste.com, observé un bug dans le moteur de rendu de tous les navigateurs basés sur Chromium dont le moteur de rendu (Blink) rendait mal les flèches à droite de chaque titre de chapitre de notre site (nous avons dû modifier de très nombreuses fois le dessin de ces images pour en sortir, durant longtemps, avant de comprendre que cela venait du moteur de rendu de certains navigateurs utilisés en tests qui utilisent Blink). Le moteur de rendu Gecko du navigateur Web Mozilla Firefox (ainsi que du courriéleur Thunderbird et de dizaines d'autres navigateur Web) est meilleur et plus rapide.

    Un moteur de rendu est, lui-même, composé de 3 éléments :

    • Le moteur de rendu HTML 5 (il en existe 3 qui doivent répondre strictement, rien de plus, rien de moins, aux directives des standards du Web édictés par le W3C. Ils sont donc tous plus ou moins identiques (Quantum, WebKit, Blink). Le 8 décembre 2018, Microsoft a annoncé abandonner le moteur de rendu d'Edge, EdgeHTML, au profit de Blink. Les 2 ou 3 autres moteurs de rendu qui restent sont en voie de disparition. Par exemple : bug d'affichage dans Blink (corrigé depuis).

    • Le moteur/compilateur JavaScript. Il existe une course à la vitesse dans laquelle le moteur JavaScript de Firefox (Ion) sort premier (voir les captures d'écran des tests dans Firefox).

    • Le moteur de styles CSS (les « feuilles de style en cascade »).

  2. Le navigateur Web proprement dit

    Le navigateur Web proprement dit, qui sert à naviguer sur le Web. Mis à part celui de Firefox qui est open source, ils sont tous en code propriétaire (secret) avec interdiction contractuelle d'ingénierie inverse. C'est là que se cache tous les outils d'espionnage, suivi, surveillance, etc.

  3. Des modules additionnels

    Des modules additionnels (add-on), parfois obligatoires, parfois optionnels, aux goûts et usages de l'utilisateur. C'est du code injecté dans le navigateur. Certains sont « propres », d'autres sont de véritables espions ou de pures malveillances.

Tout cela sert :

  • À afficher une page Web visitée

  • À naviguer sur le Web

  • À personnaliser le navigateur

Choisir un navigateur Web pour se rendre sur l'Internet
Choisir un navigateur Web
pour se promener sur le Web


  • 01  Le moteur de rendu

    Le « moteur de rendu », c'est ce qui fait comment vous voyez, à l'écran, une page Web, juste la page Web, indépendamment de tout le reste qui s'affiche à l'écran, autour de la page Web visitée (entête, menu, bare de navigation, bare d'outils, panneaux latéraux, bas de la fenêtre, etc.), et relève du navigateur Web, pas du « moteur de rendu » (le navigateur Web peut demander au « moteur de rendu » d'afficher certains objets graphiques qui n'appartiennent pas à la page Web, comme les ascenseurs, les barres d'outils et les menus). Le « moteur de rendu » :

    • Interprète et affiche plus ou moins bien le code HTML selon les standards du W3C (y compris les formulaires et la prise en charge de l'interaction avec l'internaute)

    • En respectant plus ou moins bien les styles et formats décripts dans les feuilles de style en cascade (CSS) selon les standards du W3C

    • En interprétant plus ou moins bien, et plus ou moins rapidement, les codes Javascript (les scripts) de la page Web (il y a divers « moteurs javascript » (« interpréteur javascript ») dans les navigateurs Web dont les tests comparatifs de vitesse font l'objet de combats homériques : SpiderMonkey, TraceMonkey, JägerMonkey, IonMonkey, V8, JavaScriptCore, Chakra, Rhino, Tamarin, Carakan, Futhark, etc.

    • Avec un comportement dit « à tolérance de panne » (« fault tolerant ») qui passe son temps à tenter de rendre visible et cohérente une page bourée de fautes de syntaxe HTML et CSS, comportement hautement et admirablement abracadabrantesque (une véritable gymnastique les pieds au mur) qui fait des merveilles, mais permet aussi beaucoup de laxisme de la part des webmasteurs.

    Il existe désormais (normalisation forte) très peu de « moteur de rendu » (Quantum, Webkit, Blink, Gecko et c'est presque tout). Ils sont tous open source (sauf Khtml et Trident, tous deux en voie de disparition).

    Les critères de choix vont donc être :

    • Respect des standards du W3C

    • Vitesse

    Aucun souci du côté des « moteurs de rendu » en termes de sécurité et de protection ou violation de la vie privée - Les « moteurs de rendu » n'interviennent absolument pas dans ce domaine et ne communiquent pas avec l'ordinateur (sauf les routines appelant les APIs du processeur graphiques et les requêtes en ressources matérielles).

    ATTENTION : LE MOTEUR DE RENDU N'EST PAS LE NAVIGATEUR WEB.

    Qui utilise quoi ? Quels navigateurs Web (et autres applications) utilisent Webkit ou Gecko ou Quantum ou Blink ?

    • Gecko puis Quantum :
      Un des objectifs de Gecko a été, dès le départ, le strict respect des standards du web et des recommandations du W3vC. Les standards reconnus par Gecko sont notamment HTTP, HTTPS, FTP, FTPS, SSL, Unicode, JPEG, GIF, HTML, XHTML, XML, CSS, Javascript, ECMAScript, DOM, MathML, RDF, XSLT, SVG, PNG, RSS, Atom, Ajax et XUL. Gecko est remplacé par Quantum dans Firefox (mais continue d'exister dans des dizaines de navigateurs Web dérivés de Firefox.

    • Trident :
      L'un des objectifs de Microsoft, avec Trident, est de ne respecter aucun standard si ce ne sont pas des « standards » de Microsoft. A ce petit jeu, façe au W3C et face à tous les autres « moteurs de rendu », Microsoft a perdu.

    Moteurs de rendu

    #

    Gecko

    Fondation Mozilla

    Webkit

    Apple-Nokia

    Dérivé de KHTML du projet Unix KDE

    WebCore

    Apple

    Dérivé de KHTML du projet Unix KDE

    Blink

    Google

    Dérivé de Webkit

    Trident

    Microsoft

    EdgeHTML

    Microsoft

    Un fork de Trident

    Quantum

    Fondation Mozilla

    FirefoxKonquerorEpiphanyGoogle ChromeInternet Explorer (toutes les versions, depuis la version 4.0 à 11.0)Edge (jusqu'au passage à Blink annoncé le 8 déc 2018Firefox à partir de la version 57 le 14 novembre 2017
    ThunderbirdABrowseFlock (depuis version 3)ChromiumNetscape (dans la version 8)
    SeaMonkeyGtkHTML du projet GNOMEiCab (depuis version 4)Opera depuis sa version 15Maxthon (peut utiliser Gecko à la place de Trident)
    ServoNetFront (microbrowser pour petits appareils)iWebVivaldiAvant Browser
    CaminoOmniWebEdge (annonce du 8 déc 2018)AOL Explorer
    Flock (avant la version 3)RapidWeaverYahoo! Explorer
    Beonex CommunicatorSafariiRider
    Netscape (depuis la version 6)ShiiraGoogle Talk
    K-MeleonSunriseBrowserImpulse
    GaleonSwift
    KazehakaseMidori
    Pale Moon (moteur Goanna, basé sur Gecko)Origyn Web Browser
    CyberfoxSputnik
    WaterfoxNaveo
    NvuProtom Navigator
    Kompozer
    BlueGriffon
    Songbird
    Lunascape
    SmartNet Browser
    Epiphany
    Fennec
    Symphony OS (une distribution de Linux)
    Maxthon (peut utiliser Gecko à la place de Trident)


  • 02  Le navigateur Web proprement dit

    C'est lui qui permet de :

    • Cliquer sur un lien pour y aller (l'ouvrir et l'afficher).

    • Aller à la page précédente / page suivante.

    • Permettre des zoom avant / arrière.

    • Permettre de faire des captures d'écran avec plus ou moins de sélections.

    • Précharger les contenus pointés dans la page Web (c'est une mauvaise bonne idée, ça) pour y accéder plus rapidement si on clique sur l'un de ces liens.

    • Demander le rafraîchissement de la page (afficher sa dernière mise à jour).

    • Gérer les paramètres et options.

    • Gérer les certificats.

    • Gérer les marque-pages.

    • Gérer toutes les fonctions et activités cachées, secrètes, avec interdiction d'ingénierie inverse du code lorsque celui-ci n'est pas open source.

      • Code open source : tout le monde peut voir ce qu'il y a dedans, ce qu'il fait et ne fait pas (il ne cache rien). Il n'y en a qu'un : Firefox.

      • Code fermé, propriétaire, secret, et personne ne sait ce qu'il y a dedans, ni ce qu'il fait, ni comment il le fait (filtrage du Web servant au suivi, suivi, pistage, espionnage, tracking, clickstream, suivi des déplacements du pointeur de la souris même sans action (sans clic) de l'utilisateur, géolocalisation, horodatage, mots clé, page précédente, page suivante, préalable au chiffrement HTTPS, exploitation de la caméra, exploitation du micro, contournement du hosts local, collectes de données privées, etc.). Sauf Firefox, ils sont tous à code fermé, dont Google Chrome et Yandex.

    • Etc...


  • 03  Les add-on (modules additionnels)

    Choisis et installés par l'utilisateur, certains add-on sont de confiance, comme ceux développés par la Fondation Mozilla elle-même ou l'EFF (Privacy Badger, HTTPS Everywhere...), NoScript, Ghostery, Decentraleyes, AdBlock Plus, d'autres sont extrêmement suspects, voire de véritables attaques et virus.





Chronologie des navigateurs Web
Chronologie des navigateurs Web
(un travail d'ADeveria en licence CC BY-SA 3.0)
Dossier : Historique des navigateurs Web

06.08.1991 : WorldWideWeb (navigateur Web)
06.08.1991 : Nexus (navigateur Web)
09.03.1992 : Viola (navigateur Web)
15.04.1992 : Erwise (navigateur Web)
25.07.1992 : tkWWW (navigateur Web)
16.11.1992 : Midas (navigateur Web)
23.01.1993 : NCSA Mosaic (navigateur Web)
08.06.1993 : Cello (navigateur Web)
15.12.1994 : Netscape navigator (navigateur Web)
01.08.1994 : Spyglass Mosaic
01.09.1994 : InternetWorks
23.04.1995 : Opera
16.08.1995 : Internet Explorer
23.09.2002 : Firefox
07.01.2003 : Safari
02.09.2008 : Chromium
02.09.2008 : Chrome
21.01.2015 : Edge