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Analyse comportementale

L'analyse comportementale est l'analyse des faits et gestes (le comportement) d'un internaute sur le Web pour en tirer ses profils. Peut être appliqué à n'importe quel comportement, y compris religieux, politique, etc. Le terme le plus souvent employé est l'anglais « Profiling ».

01.04.2012 - Révision 21.08.2020 - Révision mineure 19.05.2022. Auteur : Pierre Pinard.

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En informatique, sur le Web essentiellement, l'analyse comportementale est utilisée pour déterminer le / les profils d'un individu.

Observer ce que fait un individu sur le Web (et ailleurs, avec ses applications, ses paiements par chèque ou carte bancaire, ses usages de cartes de fidélité, ses déplacements avec sa géolocalisation activée, ses publications sur les réseaux sociaux, etc.) est pratiqué de tout temps. Les services d'espionnage et de contre espionnage, les services de renseignements intérieurs et de renseignements extérieurs, sont des institutions, dans toutes les nations. La France dispose, pour le renseignement intérieur, entre autre, de l'avatar de ce qui fut appelé les RG (Renseignements Généraux).

La pratique, quelle qu'elle soit, d'une surveillance, est une violation de la vie privée, mais les textes constitutifs d'une Nation prévoient que, pour assurer la protection de la vie privée et l'intégrité physique des personnes, le gouvernement de cette Nation à l'obligation de repérer les menaces, dont les personnes qui sortent la tête hors de l'eau, et donc d'avoir des comportements liberticides légalisés par des Lois liberticides. L'analyse comportementale ne se limite absolument pas à l'analyse des probabilités d'achats. Ça, c'est l'os que l'on donne à ronger pour occuper les CNIL et autres qui en parlent, afin de cacher tout le reste de cet usage liberticide. Mais, si je suis un responsable du gouvernement d'une Nation, dont la Constitution oblige à protéger la population, qu'est-ce que je fais ?

Il y a, avec le Web, une forme d'analyse comportementale qui ne relève d'aucune nécessité nationale et sociale, d'aucune protection de l'individu, mais uniquement du dépouillement de sa vie privée au profit de basses œuvres de manipulation personnelle de chaque individu, et de drainage d'argent. C'est l'établissement du profil de consommateur de chacun.

Pour y parvenir, un espionnage de chaque instant, nuit et jour, 24 heures sur 24, 365 jours par an, est opéré par des milliers d'officines obscures et de régies publicitaires qui n'ont qu'une obsession : connaître chaque individu de la planète Terre mieux que lui-même ne se connaît, mieux que sa mère ne le connaît.

Pour cela, il est pratiqué un espionnage permanent et silencieux, comme si chaque individu était suivi sans cesse par des milliers d'agents de milliers d'officines de type RG (Renseignements Généraux), pour tirer des conclusions sur chaque individu dont pratiquement toutes n'ont rien à voir avec la simple amélioration du message publicitaire personnalisé.

Cet espionnage pur et dur est pudiquement appelé Tracking, et s'inscrit dans une chaîne de traitements des informations privées volées à l'insu des internautes. Le seul but avoué publiquement est celui de la personnalisation/amélioration du message publicitaire, mais les profils tirés de cette observation incessante du comportement sont tous azimuts (sexuel, politique, social, économique, de santé, etc.).

Les insertions dans les réseaux sociaux et dans les poubelles à étalage de sa vie la plus privée, comme les forums de « Au Féminin » ou les forums de « Doctissimo » et les sites de rencontre (« Faites votre profil vous-même, gratuitement »), sont du pain béni pour espionner (et ce n'est pas l'usage d'un pseudo qui rend anonyme).

  • N'importe quelle secte peut se faire passer pour une régie publicitaire anodine et acheter des données de tracking à toutes ces officines d'espionnage afin de tirer des profils de personnes aisées mais mentalement fragiles à qui on va pouvoir soutirer son argent.
  • N'importe quelle organisation terroriste peut se faire passer pour une régie publicitaire anodine et acheter des données de tracking à toutes ces officines d'espionnage afin de trouver, par analyse du comportement, des personnes à la recherche d'un but dans la vie et à qui on va vendre l'idée que se faire sauter en menus morceaux, dans le but le plus élevé d'une vie humaine : mourrir dans l'amplificateur de douleurs qu'est une ceinture d'explosifs, au milieu d'un marché bondé d'enfants et de petites vieilles faisant leurs courses, tous chiens infidèles, etc.

Les concepts globaux à retenir sont simples :

  • Tracking (suivi, surveillance, filature [une forme d'espionnage)
    Le tracking peut être défini comme l'enregistrement et la rétention d'informations qui portent sur les actions et habitudes d'une personne physique à travers l'espace, le cyberespace et le temps. Lorsque plusieurs sources d'informations sont exploitées, avec plusieurs technologies d'écoute, on parle de tracking multi-canal.
  • Profiling (analyse comportementale)
    Le profiling est l'analyse comportementale de chaque internaute, à partir de tous les enregistrements de tracking, afin d'en déduire les divers profils et comportements de cette personne physique. Ces analyses comportementales sont effectuées en temps réel. Elles permettent de déterminer vos penchant sexuels, politiques, religieux, culturels, vos goûts, vos habitudes de consommation, etc. Les RG en ont rêvé, les traqueurs du Web l'ont fait.
  • Ciblage comportemental (Behavioural targeting)
    Le ciblage comportemental permet de gouverner, sous le puissant pouvoir des préférences de la cible, la délivrance des messages publicitaires. Des algorithmes permettent d'anticiper vos faits et gestes (ce que vous allez faire, ce que vous allez lire, ce que vous allez voir, là où vous irez, ce que vous allez devenir, vos aspirations, les maladies que vous allez développer et donc le risque que vous représentez pour les compagnies d'assurance, etc.)
  • Marketing comportemental
    Le marketing comportemental déplace le marketing du marketing produit vers le marketing consommateur.

Tracking - Profiling - CRM - Data-Mining - Big-Data - Ciblage comportemental - Marketing comportemental - Ciblage temps réel - Marketing temps réel
Tracking - Profiling - CRM - Data-Mining - Big-Data - Ciblage comportemental - Marketing comportemental - Ciblage temps réel - Marketing temps réel

Le document suivant, du Ministère de la Justice français, date du 30 juillet 2003. Il ne porte que sur l'analyse comportementale humaine. Depuis, l'analyse comportementale fait l'objet d'automatismes aussi secrets que puissants. Les armées, par exemple, tentent de détecter des cibles par l'analyse comportementale de tous et de tout (un bulletin paroissiale peut être analysé pour détecter le comportement de la paroisse et de chacun des rédacteurs des articles du bulletin).

République française - Ministère de la Justice

« Analyse criminelle et analyse comportementale »

Rapport du groupe de travail interministériel

Remis à Dominique PERBEN, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice

Mercredi 30 juillet 2003



NOTE DE SYNTHESE

En janvier 2002, un groupe de travail interministériel « analyse criminelle et analyse comportementale » a été créé à la Direction des Affaires Criminelles et des Grâces.

l'analyse criminelle est une technique d'aide à l'enquête fondée sur les nouvelles technologies de l'informatique alors que l'analyse comportementale, parfois dénommée « profilage criminel » est basée sur des sciences comportementales.

l'analyse criminelle est pratiquée en France depuis 1994 et constitue une technique maîtrisée. En revanche, l'analyse comportementale est d'utilisation beaucoup plus récente et représente une pratique à l'état d'expérimentation.

I. l'origine du groupe de travail

Depuis plusieurs années, de nouvelles techniques d'aide à l'enquête importées des Etats-Unis (profilage) apparaissent dans le paysage judiciaire, notamment à l'occasion de meurtres en série ou du procès de leurs auteurs. Largement médiatisées (articles de presse, ouvrages universitaires, reportages TV), elles exercent une fascination certaine sur le public par l'intermédiaire de romans policiers ou de fictions cinématographiques.

II. La problématique

l'analyse criminelle

l'analyse criminelle trouve son origine en Amérique du Nord dans les années 60 avec le développement de la criminalité organisée. l'analyse criminelle est définie par EUROPOL comme « la recherche et la mise en évidence méthodique de relations, d'une part entre des données de criminalité elles-mêmes et, d'autre part entre des données de criminalité et d'autres données significatives possibles, à des fins de pratiques judiciaires et policières ».

Elle constitue un outil de gestion au service des enquêteurs en leur permettant d'effectuer des rapprochements judiciaires, d'établir des liens entre des éléments d'un ou de plusieurs dossiers ou encore de hiérarchiser leurs priorités en matière d'investigations. Elle offre la possibilité aux enquêteurs de restituer leur travail par des diagrammes, graphiques ou des cartographies. Son intérêt au déroulement du procès pénal est particulièrement flagrant pour les infractions à caractère organisé.

La pratique de l'analyse criminelle pose peu de problèmes juridiques car elle est pratiquée par des officiers de police judiciaire spécialement formés à cet effet.

l'analyse comportementale

l'analyse comportementale provient aussi d'outre-Atlantique. Elle fut consacrée à l'occasion d'une affaire d'attentats à la bombe dans les salles de cinéma de New York entre 1940 et 1957. La résolution de cette affaire a été rendu possible grâce au profil psychologique du poseur de bombe dressé par un médecin-psychiatre. Dès lors, l'idée de l'apport des sciences comportementales en matière d'investigations policières s'est développé aux USA par l'intermédiaire du FBI.

En France, l'utilisation de cette forme d'aide à l'enquête a été officieuse pendant plusieurs années. Mais depuis quelques mois, les services de police et les unités de gendarmerie ont recruté des spécialistes censés apporter leurs compétences en matière d'analyse comportementale.

Le champ d'application privilégié de l'analyse comportementale concerne les tueurs en série mais il a vocation à s'appliquer à d'autres affaires comme des homicides uniques ou les viols particulièrement difficiles à résoudre.

Les capacités technologiques de l'analyse criminelle sont une contribution à la mise en œuvre de l'analyse comportementale. Le fichier SALVAC pourrait en être une illustration. Ce fichier est la transposition française d'un système canadien de centralisation des données, VICLAS.

III. l'insécurité juridique liée à la pratique de l'analyse comportementale

Contrairement à l'analyse criminelle, l'analyse comportementale n'a pas de définition précise. En outre, depuis plusieurs années, l'impact médiatique autour de cette technique a fait émerger de nombreuses personnes revendiquant des compétences en la matière qui peuvent s'avérer incertaines.

Par deux arrêts du 28 novembre 2001 et du 29 janvier 2003, la chambre criminelle de la Cour de Cassation a annulé des procédures criminelles dans des affaires où un juge d'instruction avait eu recours à des sciences comportementales comme moyen d'aide à l'enquête.

Dans la première, une expertise en « profilage psychologique » a été sollicitée à un officier de gendarmerie après une audition sous hypnose. Dans la seconde, une expertise pour réaliser une « analyse psycho-criminologique de la procédure » a été demandée à un expert judiciaire inscrit sous la rubrique psychologie de la liste de la cour d'appel de Paris.

Ces deux expertises ont été annulées. La première en raison de l'audition irrégulière sous hypnose qui l'a précédée. La seconde en raison de la violation répétée des dispositions du code relative à l'expertise et de la délégation générale des pouvoirs du juge qui en ont résulté.

IV. Les propositions du groupe de travail

1ère proposition : Définir l'analyse comportementale

l'analyse comportementale est une technique d'aide à l'enquête alliant les protocoles traditionnels d'investigation, l'analyse de données objectives issues de la procédure et des connaissances approfondies en psycho-criminologie. Elle est fondée sur des connaissances liées à la compréhension du comportement humain et pouvant requérir l'accès à des systèmes automatisés de traitement de données judiciaires. La définition de l'analyse comportementale permettra d'éviter que soit utilisé pour la poursuite des crimes et des délits des processus d'enquête ne donnant pas les garanties scientifiques et procédurales.

2ème proposition : Clarifier le statut des analystes comportementaux

Les profileurs doivent être des officiers de police judiciaire placés sous l'autorité et le contrôle des magistrats (juges d'instruction, procureurs). Ils devront être spécialement formés à ces techniques.

3ème proposition : Renforcer les garanties procédurales

Toute intervention d'un analyste comportemental “profileur” doit faire l'objet d'un rapport écrit soumis au principe du contradictoire. Tous les éléments produits par le profileur doivent apparaître dans le dossier afin que le procureur, les avocats de la défense ou des parties civiles puissent en avoir connaissance et présenter d'éventuelles observations.

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