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Corrigé du Brevet des Collèges
Diplôme National du Brevet - DNB
2012 - Français - Série Collège

Dernière mise à jour : 2017-02-01T00:00 - 01.02.2017 - 00h00
28.06.2012 - 14h00 - Paris - (Assiste - Pierre Pinard)

Corrigé du Brevet des Collèges - 2012 - Français - Série Collège. Cette page a été faite après une recherche sur le Net où, en quelques minutes, des centaines de sites se sont mis à proposer strictement le même projet de corrigé, copié et recopié à en vomir, avec les mêmes fautes !

Assiste.com :

Diplôme National du Brevet
DNB - Session 2012
Jeudi 28 juillet 2012 matin

Français
Série Collège

Coefficient : 2


Texte du SUJET du BREVET de français 2012


1 Il était une fois un calife d'Ispahan qui avait perdu son cuisinier. Il ordonna donc à son intendant de se mettre en quête d'un nouveau chef digne de remplir les fonctions de chef des cuisines du palais.

Les jours passèrent. Le calife s'impatienta et convoqua son intendant.
5 - Alors ? As-tu trouvé l'homme qu'il nous faut ?
- Seigneur, je suis bien embarrassé, répondit l'intendant. Car je n'ai pas trouvé un cuisinier, mais deux tout à fait dignes de remplir ces hautes fonctions, et je ne sais comment les départager.
- Qu'à cela ne tienne, dit le calife, je m'en charge. Dimanche prochain, l'un de ces
10 deux hommes désigné par le sort nous fera festoyer, la cour et moi-même. Le dimanche suivant, ce sera au tour de l'autre. A la fin de ce second repas, je désignerai le vainqueur de cette plaisante compétition.

Ainsi fut fait. Le premier dimanche, le cuisinier désigné par le sort se chargea du déjeuner de la cour. Tout le monde attendait avec la plus gourmande curiosité ce qui allait
15 être servi. Or la finesse, l'originalité, la richesse et la succulence des plats qui se succédèrent sur la table dépassèrent toute attente. L'enthousiasme des convives était tel qu'ils pressaient le calife de nommer sans plus attendre chef des cuisines du palais l'auteur de ce festin incomparable. Quel besoin avait-on d'une autre expérience ? Mais le calife demeura inébranlable. "Attendons dimanche, dit-il, et laissons sa chance à l'autre
20 concurrent."

Une semaine passa, et toute la cour se retrouva autour de la même table pour goûter le chef-d’œuvre du second cuisinier. L'impatience était vive, mais le souvenir délectable du festin précédent créait une prévention1 contre lui.

Grande fut la surprise générale quand le premier plat arriva sur la table : c'était le
25 même que le premier plat du premier banquet. Aussi fin, original, riche et succulent, mais identique. Il y eut des rires et des murmures quand le deuxième plat s'avéra à son tour reproduire fidèlement le deuxième plat du premier banquet. Mais ensuite un silence consterné pesa sur les convives, lorsqu'il apparut que les plats suivants étaient eux aussi les mêmes que ceux du dimanche précédent. Il fallait se rendre à l'évidence : le second
30 cuisinier imitait point par point son concurrent.

Or chacun savait que le calife était un tyran ombrageux2, et ne tolérait pas que quiconque se moquât de lui, un cuisinier moins qu'aucun autre, et la cour tout entière attendait épouvantée, en jetant vers lui des regards furtifs, la colère dont-il allait foudroyer d'un instant à l'autre le fauteur3 de cette misérable farce. Mais le calife mangeait
35 imperturbablement.

Michel Tournier, Les Deux Banquets ou la commémoration, Gallimard, 1989.

Signification de certains mots

1 Prévention : idée négative
2 Ombrageux : qui se vexe facilement
3 Fauteur : responsable


Note d'Assiste.com
Ce texte est extrait de :

Michel Tournier
Les contes du médianoche
Illustré par Bruno Mallart
Lecteurs : 11 à 14 ans
Paris : Première publication en 1989.
Plusieurs rééditions - Folio junior
Livre - Les contes de médianoche [Poche]

Michel Tournier est né le 19 décembre 1924 à Paris. C'est un écrivain français, Prix Goncourt (1970) pour Le Roi des aulnes.

Qu'est-ce qu'un médianoche ? D'abord, c'est un joli mot, sympathique et appétissant, qui rime avec cinoche et brioche. Ça veut dire : un repas pris au milieu de la nuit (en espagnol, medianoche = minuit - Média Noche - Milieu de la nuit). Une fête nocturne et amicale, en somme, où on se raconte des histoires en buvant et en mangeant. Des histoires, en voilà quatorze justement, des vertes et des mûres, des histoires à rire et à pleurer, à boire et à manger.
Des contes et légendes d'hier et d'aujourd'hui pour sourire et réfléchir. Victor Hugo accompagne même Michel Tournier dans l'ultime histoire de ce médianoche...



I. "Il était une fois..." (5,5 points)

  • Question 1. 1,5 points.
    A quel genre appartient ce récit ? Justifiez votre réponse en donnant au moins trois indices.

    Réponse possible :
    Ce récit est un conte. Il commence, comme tous les contes pour enfants, par « Il était une fois ». Il se passe dans un endroit incertain et probablement lointain. Il se passe dans un endroit merveilleux, un palais. Les verbes sont au passé (imparfait / passé simple). Le premier paragraphe plante le décor : le lieu, le moment, l'action. Le second paragraphe introduit le moteur du conte, un grain de sable perturbateur qui va donner matière à raconter une histoire. Le reste du texte raconte cette histoire.

  • Question 2. a) 0,5 point.
    Pourquoi le calife décide-t-il d'organiser une compétition ?

    Réponse possible :
    Le calife décide d’organiser une compétition car son intendant n'a pas trouvé un remplaçant à son cuisinier mais deux. La compétition devrait lui permettre de les départager et de prendre le meilleur des deux à son service. C'est aussi l'occasion de bien festoyer car il est certain que les deux candidats vont se surpasser.

  • Question 2. b) 0,5 point.
    En quoi consiste-t-elle ?

    Réponse possible :
    La compétition entre les deux cuisiniers consiste à les mettre en situation réelle : chacun devra donner un festin au calife d'Ispahan et sa cour.

  • Question 3. 1,5 point.
    Citez trois traits de caractère du calife évoqués dans le texte. Justifiez chacune de vos réponses à l’aide d’indices précis.

    Réponses possible :
    On ne peut pas proposer l'impatience comme trait de caractère du calife car le texte fait apparaître qu'il a attendu plusieurs jours avant de manifester de l'impatience, il a donc, au contraire, été patient.

    • Le calife est "impartial".
      Il ne cède pas à la pression de sa cour de nommer le premier cuisinier avant même de tester le second. Il dit "Laissons sa chance à l'autre concurrent."

    • Le calife est tyrannique.
      "Chacun savait que le calife était un tyran", "la cour tout entière attendait épouvantée"

    • Le calife est susceptible (Il se vexe facilement).
      "Chacun savait que le calife était ... ombrageux".

    • Le calife est intolérant.
      "Chacun savait que le calife ... ne tolérait pas..."

    • Le calife est colérique.
      "La cour tout entière attendait ... la colère dont-il allait foudroyer d'un instant à l'autre le fauteur"

  • Question 4. a) « Quel besoin avait-on d’une autre expérience ? » (ligne 18). Qui parle et dans quel but ? b) 1 point

    Réponse possible :
    C'est la cour du calife qui s'exprime après avoir festoyé merveilleusement grâce au premier cuisinier testé. Ils sont tellement enchantés qu'ils pensent qu'il est inutile de tester le second cuisinier qui ne pourra surpasser le premier et suggèrent au calife d'embaucher le premier immédiatement.

  • Question 4. b) « Quel besoin avait-on d’une autre expérience ? » (ligne 18). Comment ces paroles sont-elles rapportées ? 0,5 point

    Réponse possible :
    "Quel besoin avait-on d'une autre expérience ?" Cette phrase n'a pas de guillemets dans le texte. Elle exprime les conversations que tiennent les convives entre eux. Il s'agit de faire passer, implicitement, un message au Calife : embaucher le premier cuisinier immédiatement. On ne s'adresse pas directement au Calife et on ne dit pas explicitement d'embaucher le premier cuisinier. On est donc dans un "discours indirect libre".

II. Deux banquets (5 points)

  • 5. a) Comment est formé le mot « incomparable » (ligne 18) ? 0,5 point

    Réponse possible :
    Le mot incomparable est formé du préfixe « in- » qui permet de construire des antonymes (des contraires), du radicale « compar » (dérivé du verbe comparer) et du suffixe « -able » qui permet de dire que quelque chose est possible.

    Note de Assiste.com pour en savoir plus :
    Le préfixe in- ajouté à un adjectif qualificatif ("visible", par exemple) permet d'obtenir son contraire (invisible), son "antonyme".

    Le suffixe "able", du latin -abilis (« capable de »), est le suffixe formateur de noms sur la base de verbes en -are.

  • 5. b) Expliquez sa signification en vous appuyant sur d’autres éléments des lignes 15 à 18. 0,5 point

    Réponse possible :
    "Incomparable" signifie "qui ne supporte pas la comparaison" et sous-entend "qui se situe très au-dessus, beaucoup mieux etc. ... Ici, on parle de « festin » et de sa « finesse », son « originalité », sa « richesse » et sa « succulence ». Ce « festin » dépasse « toute attente ».

  • 6. Pourquoi, avant le début du second repas, le second cuisinier est-il dans une position moins favorable que le premier ? 1 point

    Réponse possible :
    Le second cuisinier a une position moins favorable car le premier cuisinier a été parfait et a déjà emporté les suffrages de la cour avant même qu'il ne puisse s'exprimer en cuisine. Il doit faire mieux que la perfection du premier candidat, ce qui est impossible et il doit renverser la tendance et gagner la faveur de la cour qui est acquise à son concurrent.

  • 7. a) «La finesse, l’originalité, la richesse et la succulence des plats» (ligne 15) : quelle figure de style est ici employée et dans quelle intention ? 1 point

    Réponse possible :
    Il s'agit d'une accumulation de caractéristiques. La figure de style est l’"énumération", une accumulation, les uns à la suite des autres, de plusieurs éléments de même niveau syntaxique, coordonnés ou non.

  • 7. b) Relevez une série d’adjectifs qualifiant un plat du deuxième repas. Que constatez-vous ? 1 point

    Réponse possible :
    Le premier repas était décrit avec de nombreuses caractéristiques : «La finesse, l’originalité, la richesse et la succulence des plats» (ligne 15). Ici, on retrouve exactement les mêmes caractéristiques, pour le second repas : « fin, original, riche est succulent ». Chaque mot est différent mais est de la même famille, voire, est la racine des premiers.

  • 8. Le second banquet joue-t-il le rôle attendu ? Justifiez votre réponse. 1 point

    Réponse possible :
    Il n'y a pas que des réponses par "oui" ou par "non" : ici, la réponse est "Oui et non". Non car tout le monde s'attendait à quelque chose de différent mais oui car il permet de comparer les talents des deux cuisiniers, ce qui était le but de cette compétition : ils sont au même niveau.

III. Réactions des convives et du calife. 4,5 points

  • 9. Quelles sont les trois réactions successives des convives durant le second repas ? Justifiez vos réponses. 1,5 point

    Réponse possible :
    Les trois réactions sont :

    La surprise ("Grande fut la surprise générale" l.24)
    L'amusement (« rires et murmures » l. 26)
    La consternation (« un silence consterné pesa sur les convives » l. 28).

  • 10. Comment le texte présente-t-il le châtiment du second cuisinier comme inévitable ? 0,5 point

    Réponse possible :
    La notion de l'inévitable châtiment du second cuisinier est introduite en prêtant à la cour une parfaite connaissance du caractère de son tyrannique calife et de sa réaction très probable face à un évènement que le tyran va certainement interpréter comme une moquerie à son égard.

  • 11. En quoi l’attitude du calife est-elle étonnante à la fin du texte ? 1 point

    Réponse possible :
    L’attitude du calife est étonnante car elle ne correspond pas à ce à quoi on s'attend d'après la description de ce personnage par son entourage proche, censé le bien connaître. On s’attend à un personnage qui fait exécuter sur place ou torturer ou jeter au cachot le plaisantin alors qu’en réalité, le calife poursuit imperturbablement son festin et s'en régale.

  • 12. Cette « compétition » se révèle-t-elle si « plaisante » qu’elle promettait de l’être (ligne 12) ? Expliquez votre réponse. 1,5 point

    Réponse possible :
    Au début du texte, cette compétition est présentée comme fort plaisante puisqu'il s'agit de tester deux cuisiniers, choisis par l'intendant comme étant tous les deux dignes des cuisines du calife, donc probablement les meilleurs cuisiniers du califat. Il s'agit donc de festoyer deux fois avec deux chefs de cuisine qui vont rivaliser au sommet de leur art. Mais, vers le milieu du second festin, l'imitation du premier festin fait craindre à la cour la colère de son Calife. La cour bascule dans l'épouvante.


Réécriture (4 points)

  • « Grande fut la surprise générale quand le premier plat arriva sur la table, aussi fin, original, riche et succulent. »
    Réécrivez cette phrase en la transformant au passé composé et en mettant « plat » au pluriel.

    Réponse :
    « Grande a été la surprise générale quand les premiers plats sont arrivés sur la table, aussi fins, originaux, riches et succulents. »

Rédaction (15 points)

  • L’utilisation d’un dictionnaire de langue française est autorisée.
    À la fin du repas, le calife fait venir les deux cuisiniers devant la cour et demande au second cuisinier de s’expliquer. Après l’avoir écouté, le calife annonce sa décision et la justifie.
    Racontez cette scène en introduisant dans le récit les paroles échangées et en décrivant les réactions des différents personnages présents.

    Il faut écrire une vingtaine de lignes (minimum). Il y a de nombreuses scènes possibles. L'imagination n'a pas de limite. On est dans un conte donc on peut délirer. On peut imaginer n'importe quoi à condition de maintenir l'intérêt du lecteur (le lecteur étant, en l'occurence, le professeur qui va corriger et noter le travail et qui en a des dizaines à lire !). Par exemple :
    • Une fin heureuse où le calife garde les deux cuisiniers
    • Une fin heureuse où le calife recommande l'un des deux cuisiniers au palais de sa fille ou de son fils.
    • Une fin où le Calife est présenté comme incapable de faire des choix et joue son cuisinier aux dès, aux cartes... et renvoie l'autre
    • Une fin où le calife se persuade qu'il a été trompé et que les deux cuisiniers ont travaillés ensembles au premier et au second repas, les deux sont alors condamnés
    • Une fin monstrueuse où le Calife fait honneur à sa réputation
    • Une fin prudente où le Calife se dit que régaler sa cour de festins gratuits coûte une fortune au califat donc l'un des deux cuisiniers reste au palais et l'autre monte un restaurant de luxe dans lequel le calife touche les bénéfices
    • Une fin de science-fiction où le calife se dit qu'une telle qualité de cuisine doit se répandre dans l'univers et il envoi l'un des deux cuisiniers porter son art, pour la plus grande gloire du calife, au peuple machin sur la planète chose.
      Etc. ...

    Il faut simplement inventer la suite du texte, donc utiliser le même style et les mêmes temps. On peut inventer des dialogues entre les protagonistes ou faire parler un narrateur qui aurait assisté à la scène. Les réactions des deux cuisiniers et des courtisans sont à montrer, allant de l'effroi à la louange du Calife, de sa sagesse, de sa clairvoyance etc. ...

    On écrit au passé.

La dictée

  • Puis, une clameur s'éleva, où l'on distinguait les voix aiguës et les sauts de joie des enfants. Et il y eut une rentrée triomphale : Gervaise portait l'oie, les bras raidis, la face suante, épanouie dans un large rire silencieux ; les femmes marchaient derrière elle, riaient comme elle ; tandis que Nana, tout au bout, les yeux démesurément ouverts, se haussait pour voir. Quand l'oie fut sur la table, énorme, dorée, ruisselante de jus, on ne l'attaqua pas tout de suite.

    Emile Zola, L’Assommoir (1877).